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Démarche :

2 - Traque

 « Dans notre établissement, un réseau interne a été mis en place pour la veille stratégique. C’est important de bien sélectionner les personnes qui font partie du réseau.

Tout le monde n’est pas sensibilisé par cette activité. »

Jean Ziegler, Directeur général, Aérospatiale, établissement de Cannes

 

La traque est l'opération par laquelle notre entreprise (ou notre unité) se procure les informations de veille stratégique. Ce mot a été choisi pour rappeler que les informations de veille stratégique les plus intéressantes ne viennent pas à nous d'elles-mêmes. Au contraire, il faut faire l'effort volontariste d'aller au-devant d'elles et parfois de les provoquer. Les personnes qui ont pour mission d'aller au-

devant des informations de veille stratégique sont appelées « traqueurs » d’informations.

 

On distingue plusieurs types de traqueurs, en fonction des sources d’information avec lesquelles ils sont en contact. Ces sources sont elles-mêmes de trois sortes :

- les sources « humaines », c’est-à-dire les personnes auprès desquelles peuvent être obtenues des informations généralement orales. Parmi ces personnes indiquons par exemple les clients, les fournisseurs, les contacts de toutes sortes. Face aux sources « humaines », nous disons que les traqueurs sont itinérants car ils doivent généralement se déplacer, hors de l’entreprise le plus souvent ;

- les sources « documentaires » au sens large, dans lesquelles nous rangeons les journaux et revues, les bases de données externes, etc. Face aux sources « documentaires », nous disons que les traqueurs sont statiques car ils travaillent généralement à leur bureau ;

- les sources « formelles internes ». Nous désignons ainsi des gisements d’informations qui existent déjà dans l’entreprise, mais sont conçus pour d’autres usages que la veille : par exemple des bases de données commerciales ou marketing, des bases de données fournisseurs, des flux d’information électroniques, etc. Ces sources d’informations posent un problème paradoxal en ce sens qu’elles existent déjà dans l’entreprise, mais elles sont pratiquement inexploitables pour les besoins de la veille stratégique. La solution réside généralement dans la construction d’interfaces informatiques qui permettraient de prélever des bases de données, ou bien de dériver des flux existants, les seules informations à usage de veille stratégique.

 

S’agissant de la traque des informations au travers des sources documentaires, il est possible d’utiliser des logiciels spécialisés de bibliométrie, lorsque l’on a affaire à de très grandes quantités de documents, ce qui peut être le cas en matière de veille technologique (au sens strict). De tels logiciels sont utiles pour faire apparaître des éléments noyés dans le volume, et d’éventuels signaux faibles. Les logiciels de bibliométrie ne sont guère à la portée des PME, tant au point de vue technique que financier.

 

La tâche de traque des informations est plus facile pour les traqueurs statiques que pour les traqueurs itinérants. C’est pourquoi, dans ce qui suit, on apporte un soin particulier à l’aide aux traqueurs itinérants, qui sont les plus nombreux aussi bien dans les grandes entreprises que dans les PME.

 

 

Choix - Le point de départ de la démarche pour choisir les traqueurs d'informations découle du tableau matérialisant le ciblage de la veille stratégique. Ce choix prend en compte des critères précis ainsi que les caractéristiques générales de l'entreprise (taille, segmentation des activités et des fonctions, etc.).

 

 

Nombre - Le nombre des traqueurs officiellement désignés résulte à la fois d'un raisonnement et d'une discussion avec la direction de notre entreprise. Généralement tout membre du personnel de l'entreprise ne saurait être un traqueur d'informations de veille stratégique, ne serait-ce que pour des raisons de coût et de sécurité. Le cas des PME est différent dans la mesure où leurs effectifs ne dépassent pas quelques dizaines de personnes.

 

 

Désignation - Le choix d'une personne chargée de la mission de traque repose sur :

- des critères concernant la personne,

- les activités habituelles de cette personne,

- sa place dans la structure de notre entreprise,

- les sources d'informations avec lesquelles elle est naturellement en contact, du fait de ses activités habituelles.

Lorsqu’il existe un centre de documentation dans l’entreprise, celui-ci fait natu-rellement partie des traqueurs d’information.

 

 

Formation - Les traqueurs font l'objet d'une formation appropriée à la mission de traque qui leur est confiée. L’expérience permet de l'évaluer à une journée pour un traqueur. Une dizaine de traqueurs peuvent être formés au cours de la même séance de formation.

 

 

Outils et méthode - Les traqueurs sont dotés d'un support approprié pour formaliser les informations et pour les acheminer vers un point de convergence. Ce point est généralement celui où se trouve l'animateur de la veille stratégique.

 

 

Sources d’informations

 

• Sources informelles

 

Les filiales de l’entreprise en France et à l’étranger

Les contacts avec : les clients, les concurrents, les fournisseurs, les co-traitants et sous-traitants, les sociétés de services (SSII, etc.), les distributeurs, grossistes, etc.

Les participations : aux colloques scientifiques, aux salons professionnels, etc.

Les missions à l’étranger

Les contacts avec des experts et laboratoires, etc.

 

• Sources formelles

 

Les publications scientifiques et techniques

Les bases de données

Internet

Certains journaux ou magazines

Les publications des entreprises : rapports annuels, offres d’emploi

Etc.

 

 

 

Sources - Les sources d’informations vers lesquelles peut se tourner le traqueur sont nombreuses et diverses, nous l’avons dit (une liste de sources possibles est fournie ci-contre en encadré). L’une des sources les plus « à la mode » est Internet. Cependant son exploitation, facile en apparence, ne dispense pas de recourir à une méthodologie, sous peine de gaspiller beaucoup de temps et d’argent. Un document méthodologique a été établi pour l’utilisation d’Internet pour la veille technologique. On en trouvera la référence dans la bibliographie.

 

 

Coût de la traque - Les coûts se répartissent en deux familles, comme suit.

Coûts d'investissement :

- la formation des traqueurs,

- l’équipement éventuellement fourni aux traqueurs.

Coûts de fonctionnement :

- le temps consacré par le traqueur à cette mission,

- le coût d'accès à certaines sources d’information (publications, bases de don-nées, etc.).

 

 

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