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INTELLIGENCE ECONOMIQUE

 

 

Il a été signalé, au début de ce document, l’existence du concept d’intelligence économique. Ce concept est distinct de celui de veille stratégique. Cependant ces deux concepts ne sont pas sans liens. Voici donc quelques précisions sur l’intelligence économique.

L’expression « veille stratégique » est apparue la première en France et est issue des sciences de gestion et du management stratégique, c’est-à-dire du monde des entreprises. C’est un concept micro-économique. Il a été défini au début de ce document et développé tout au long des pages qui précèdent.

 Le concept « intelligence économique » a été largement diffusé à la suite des travaux d’un groupe de travail du Commissariat général du Plan, groupe présidé par Henri Martre. L’expression est donc issue du monde des dirigeants d’entreprises du domaine de l’armement et du côté des pouvoirs publics, soucieux d’une vision globale à l’échelon national. A cette occasion, le groupe de travail « Henri Martre » a voulu rappeler, comme nous l’avons fait nous-même, que le mot « veille » a une connotation regrettablement passive.

 Issues de mondes différents, les deux expressions « veille stratégique » et « intelligence économique » ont des contenus qui varient selon les présentateurs, mais ces contenus sont appelés à évoluer rapidement, et à se compléter. Du moins est-ce notre opinion. Rappelons la définition de l’expression « intelligence économique » publiée dans le rapport « Martre » : « L’intelligence économique peut être définie comme l’ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement et de distribution en vue de son exploitation, de l’information utile aux acteurs économiques. Ces diverses actions sont menées légalement avec toutes les garanties de protection nécessaires à la préservation du patrimoine de l’entreprise, dans les meilleures conditions de qualité, de délai et de coût... La notion d’intelligence économique implique l’interaction entre tous les niveaux de l'activité : depuis la base (internes à l’entreprise) en passant par des niveaux intermédiaires (interprofessionnels, locaux) jusqu’aux niveaux nationaux, trans-nationaux (groupes multinationaux) ou internationaux (stratégies d’influence des Etats-nations). »

 Dans l’état actuel, les présentateurs du concept « intelligence économique » mettent en lumière deux aspects que nous n’avons pas évoqués dans les pages précédentes, mais qui sont très importants. Nous les soulignons donc maintenant.

 

1 - D’abord, les présentateurs de ce concept partent de la nécessité, pour l’entreprise, de se protéger efficacement contre les agents extérieurs, et de protéger leur patrimoine informationnel. Celui-ci est en effet de plus en plus vital mais de plus en plus menacé de multiples façons, par des agents extérieurs. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (Internet, par exemple) ne font d’ailleurs que renforcer la nécessité de se protéger efficacement.

 2 - Ensuite, les présentateurs du concept insistent sur la nécessité de sortir des frontières de l’entreprise pour étendre le dispositif d’intelligence économique à l’échelon de la nation tout entière. En d’autres termes ils soulignent la nécessité, pour les entreprises et les organismes publics, de faire corps de façon à se défendre efficacement contre les agents extérieurs à l’échelon mondial. Ils font donc des suggestions qui devraient être reprises et mises en œuvre par les pouvoirs publics, notamment. Ainsi, selon ces auteurs, devrait-il se constituer un réseau national d’intelligence économique liant les organismes publics et les entreprises. Pour ces auteurs, le point d’entrée de l’intelligence économique se situe du côté de l’Etat.

 

Pour ce qui nous concerne, l’ambition du présent document était d’apporter une aide aux personnes désireuses d’opérer à l’échelon micro-économique des entreprises de toute taille et de tout secteur. L’extension de l’intelligence économique à l’échelon national (par exemple) suppose des méthodes de travail qui n’en sont encore qu’à leurs prémices.

 

 

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