Travaux des comités de suivi LICENCE et LICENCE PROFESSIONNELLE publiés sous leur responsabilité

Comité de suivi licence et Comité de suivi licence professionnelle
Compte-rendu de la réunion du 2 février 2005

Le mercredi 2 février 2005, les deux comités de suivi de la licence et de la licence professionnelle se sont réunis afin de débattre sur : " l'intégration des licences professionnelles dans le LMD ".

Dans une première partie de la réunion, les deux vice-présidents CEVU de l'université de Versailles Saint Quentin et de l'université de Caen, madame Sonya Denot-Ledunois et monsieur André Nouvelot ont présenté à tour de rôle la mise en place et le fonctionnement des licences professionnelles, dans le cadre du LMD, dans leurs établissements respectifs (cf. une synthèse des présentations en annexe).

A l'issue de ces présentations, une discussion s'est instaurée avec les intervenants qui ont donné leur point de vue, compte tenu de leurs expériences, à partir des questions suivantes :

La LP peut-elle donner lieu à une poursuite d'études ?
- A l'instar du DUT et du master pro, la LP a pour objectif une entrée réussie dans la vie active et non de prolonger le cycle d'études ; la poursuite d'études est exceptionnelle.

Composition des équipes pédagogiques - existe-t-il des équipes mixtes UFR-IUT ?
- Des enseignants des deux structures travaillent ensemble. La valeur du diplôme repose essentiellement sur la qualité de l'enseignement dispensé.

Existe-t-il un tutorat ?
L'étudiant en LP bénéficie d'un projet tutoré, c'est-à-dire qu'il y a un tuteur " enseignant " par groupe de 3 ou 4 étudiants en fonction des projets.

Existe-t-il des BTS fléchés pour continuer en LP ?
- De nombreuses LP sont construites en partenariat avec les lycées.

Que conseillez-vous à un bachelier pour atteindre la LP (DUT ou DEUG) ?
- Les deux parcours sont adaptés mais la logique voudrait plutôt que l'étudiant s'inscrive en licence générale (DEUG) puisque la LP est une L3.

Existe-t-il une sélection à l'entrée de la licence pro ?
- La délivrance de ces diplômes a pour objectif premier d'offrir une chance d'insertion professionnelle réussie. Il ne s'agit donc pas véritablement d'une sélection mais on doit se poser la question, quant au nombre d'étudiants accueillis, de la réalité des emplois disponibles correspondant. En outre, il faut avoir une qualité de la filière et une qualité de l'étudiant. Et, comme pour d'autres formations, l'inscription se fait également en fonction des capacités d'accueil mis en place par l'établissement.

L'entrée en LP relève parfois d'une orientation " dirigée ", c'est-à-dire qu'il faut aider l'étudiant à concrétiser son projet. L'équipe pédagogique est une cellule d'orientation qui doit apporter des conseils à l'étudiant, ceux qui ne vont pas en LP continuent normalement en licence générale.

L'accès en LP peut être favorisé par une L2 " professionnalisée " ou par 20% d'UE pro en DUT préparant à la LP.

Les étudiants de LP sont issus de différents parcours (des DUT-BTS, de la VAE et du DEUG). Afin de faciliter la réussite de la L3, il est souhaitable de mettre en place des modules d'adaptation pour gommer les disparités et harmoniser les niveaux.


Sur cette dernière question le débat qui s'est instauré entre les participants a donné lieu à l'expression générale suivante :

Des unités d'enseignement programmées dans un DUT pour préparer l'accès en LP, et qui ressemblent déjà à un début de spécialisation, ne sont pas souhaitables car elles donnent lieu à un tube déguisé qui rompt l'égalité entre les étudiants pour l'entrée en LP. Or, il est rappelé que l'objectif de la LP est aussi de favoriser " l'ouverture " et qu'il conviendrait davantage de mettre en place des UE d'ouverture en 2ème année de DUT plutôt que des UE de spécialisation.


Ensuite, un débat général s'est engagé entre les participants des deux comités et a donné lieu aux réflexions et commentaires suivants :

Les textes réglementaires de 1999 concernant la LP ne font pas référence à des noms de domaine, mention, semestres, crédits… De ce fait, la LP n'est pas intégré dans le système LMD.

Pour favoriser l'intégration des LP dans le LMD, il faut modifier les textes existants. Il faut des références nationales et harmoniser les procédures d'habilitations des LP sur celles des licences générales.

L'université française manque de diplômes de niveau master. Si un étudiant ne peut pas aller en master, alors qu'il l'aurait souhaité, il faut pouvoir lui offrir une sortie positive. Or l'image de la LP n'est pas assez bonne. La vraie question est l'employabilité du niveau licence.
On doit être convaincu qu'une sortie au niveau licence est noble et que par la suite, grâce à la VAE, on pourra arriver à un bac +5.

La LP souffre d'un manque de reconnaissance comme l'ensemble des autres formations des filières professionnelles. Les étudiants de DEUG (spécialement en sciences) ne veulent pas s'orienter vers une LP, ils préfèrent des études longues.

Pourtant, le nombre croissant d'étudiants désireux de faire une licence professionnelle est le signe de l'attrait pour ce type de formation.

La LP recouvre un certain nombre d'ambiguïtés ; pour l'université, il s'agit d'une diversification de sortie, alors que pour les lycées, c'est la poursuite d'un cursus BTS. Le lycéen est souvent désinformé sur la réalité de la LP. Pourquoi a-t-on créé la LP ? Pour une diversification d'un cursus universitaire ou pour poursuivre en 3 ans ce qui se fait en 2 ? Faut-il améliorer le système actuel ou le remettre en cause ?

La LP à un niveau L3 pose le problème des bacheliers technologiques et professionnels qui se voient souvent refuser l'accès aux IUT faute de dispositif adapté. Comment fait-on pour leur offrir des études supérieures à vocation professionnalisante ? Il faudrait favoriser leur accès en études courtes.

Le diplômé BTS souhaite poursuivre en LP pour profiter de l'ascenseur social. Ces bacheliers viennent souvent de milieux socio-professionnels pour qui la poursuite d'études se fait de manière progressive " brique par brique " en fonction des résultats obtenus et des opportunités. Ces types de parcours doivent être encouragés notamment en favorisant les projets de LP en partenariat avec un lycée-BTS.

L'offre de formation des LP est parfois pléthorique et redondante au sein d'un même bassin économique et ne contribue pas à rendre lisible les formations offertes par les universités. On peut fermer ou demander l'habilitation d'une LP en fonction des débouchés professionnels et du nombre d'étudiants intéressés. La multiplication du nombre de LP doit s'accompagner d'un certain nombre de fermetures. De la sorte, on évite un système de sédimentation.

Alors que 53% des LP sont portés par les IUT, 34% par les UFR et 13% par les deux, ne faudrait-il pas que les LP soient seulement portés par les IUT pour un souci de lisibilité et une spécificité professionnelle clairement affirmée?

Concernant l'accueil d'étudiants en LP issus de la VAE, le manque de moyens des universités pour traiter ces nombreux dossiers de validation de l'expérience est soulevé. Si cet accès est possible, il demeure en réalité limité.


En conclusion, le président du comité de licence, François Petit fait les remarques suivantes :

Il faut réaliser une meilleure intégration des LP dans le LMD au sein des établissements universitaires.

Peut-être, faudrait-il revoir le cahier des charges de la LP sans en perdre toutefois ses acquis fondamentaux, notamment les partenariats de qualité qui se sont tissés avec les milieux professionnels (organisations d'employeurs et de salariés).

L'intégration des LP dans le LMD devrait être traitée dans les contrats quadriennaux de développement des établissements : dans l'offre de formation, mais aussi dans une déclaration de politique pédagogique qui fait encore trop souvent défaut.

Le ministère devrait mettre davantage de cohérence dans ses procédures, notamment pour les calendriers, afin de mieux intégrer l'examen des LP dans son dispositif global d'habilitation.

Il faut être attentif à une véritable mixité des publics. La flexibilité des parcours du LMD doit permettre de ne pas dispenser une formation trop pointue dans son contenu, même si des UE transversales peuvent préparer à une culture commune.

Enfin, pour ce qui concerne les passerelles, il faut appréhender les étudiants tels qu'ils sont ; c'est difficile qu'un lycéen ait une perspective temporelle à bac+5, avec une vision figée de son projet d'études. Il faut donc accepter les parcours en étapes, construits " brique après brique ". Les nombreuses questions à propos de l'orientation prouvent qu'il s'agit de l'affaire de toute la communauté universitaire et pas seulement des CIO et SCUIO…


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Annexes (documents Word et Powerpoint):