Travaux du comité de suivi MASTER publiés sous sa responsabilité
Compte rendu synthétique
réunion du comité de suivi des masters du 20 avril 2005
1. Bilan de la mise en place du LMD
Le rapport de l'inspection générale Josette SOULAS - Marie-France MOREAUX
Réalisé 6 ans après Bologne, 3 ans après les premières expérimentations, ce bilan a porté sur un échantillon d'établissements :
Artois, Valenciennes, Littoral et Lille 1, 2 3
Aix-Marseille, Besançon, Lyon II, Versailles Saint Quentin, Grenoble 1 Bordeaux III.
Un constat positif :
- les universités et les écoles adhèrent au processus qui s'étend également aux diplômes délivrés par les ministères de la culture ( diplôme d'architecture ) et de l'agriculture.
- la mise en place du LMD est fortement accompagnée :
- création de deux comités de suivi pour assurer une cohérence nationale et faire émerger des références communes
- circulaires annuelles de la DES qui soulignent des éléments structurants forts
- adaptation du dispositif d'habilitation.
- La coopération entre universités s'accélère.
- L'espace européen a pris corps.
Un énorme travail a été accompli et on constate une certaine fatigue des acteurs de la réforme.
Des points de fragilité
- la lisibilité et la mobilité ne sont pas toujours favorisées par le LMD;
- l'extension du LMD à d'autres formations (IUP, IUT, classes post-bac) est réalisée d'une manière inégale;
- le contrôle des connaissances donne lieu à des interprétations variées et on observe un alourdissement de la charge des examens. De ce point de vue, la semestrialisation a accéléré une tendance préexistante;
- le développement de la VAE est insuffisant;
- l'évaluation des enseignements et des formations est un chantier encore ouvert ;
- des clarifications sont attendues concernant les cohabilitations;
- certains flottements demeurent dans la doctrine d'habilitation: à titre d'exemple, la pluridisciplinarité est souhaitée, mais les licences pluridisciplinaires ne sont pas encouragées.
Des interrogations demeurent :
- le découpage en cycle : le master est-il un cycle et quel est le sens d'une orientation à l'entrée du M2 ? Le premier cycle est-il l'actuelle licence ?
- L'aide à un projet professionnel devrait être obligatoire et la professionnalisation du S5 et S6 de la licence repensée. Il existe toujours des difficultés à passer d'une logique de connaissances à une logique de compétences.
- l'application APOGEE est peu adaptée au LMD : l'inscription administrative annuelle cadre mal avec la progression semestrielle. De là on observe une grande différence entre les établissements qui se sont livrés à une véritable réflexion sur l'utilisation d'APOGEE et ceux qui ont fait l'économie de cette réflexion.
Rapport de l'ESEN ( ECOLE SUPERIEURE DE L'EDUCATION NATIONALE)
L'enquête ESEN est en cours. Elle porte sur trois établissements. Les premières conclusions font apparaître que :
- le manque de connaissance des critères d'habilitation pour les universités de la première vague et le cadrage plus précis pour les suivantes n'ont pas été trop discriminants ;
- les partenariats avec les établissements étrangers sont pratiquement absents. Cela est confirmé par des travaux sur d'autres pays qui montrent que les processus de réforme sont menés séparément dans les divers pays européens ;
- le montage de l'ensemble a été mené dans l'urgence, notamment dans les établissements qui ont commencé tôt, avec peu de régulation interne ;
- la réflexion sur le LMD est déconnectée du contrat ;
- les étudiants, les professionnels et les administratifs sont assez peu associés au processus.
2. Activités futures du comité de suivi
L'arrêté relatif au master a crée le comité de suivi et lui a donné la mission suivante : " étudier les mesures nécessaires au bon déroulement de la phase de mise en place des diplômes de master ". Cette formulation montre clairement que le comité n'a pas vocation à être pérennisé. Si les pouvoirs publics pensent qu'il est nécessaire de continuer à s'appuyer, au delà de la " phase de mise en place ", sur un dispositif voisin il leur appartiendra de prendre des initiatives. Cette phase de mise en place entre maintenant dans une seconde période. On passe de l'habilitation des diplômes, période de dialogue entre les établissements et le ministère, à la mise en place et l'ajustement des formations, période qui repose plus fortement sur les décisions autonomes des établissements. Ces évolutions doivent avoir des conséquences sur le programme de travail du comité pour l'année qui vient.
Le prochain programme de travail (année 2005-2006) portera principalement sur l'élaboration d'un bilan de la première période : il s'agira de dégager une vision globale et partagée du LMD et de faire émerger les bonnes pratiques. Le comité traitera aussi de points plus spécifiques (formation des maîtres, formations de santé) avant la fin de l'année civile.
3. Master et Formation des maîtres
Cette réflexion se poursuivra lors de la prochaine réunion pour arriver à une conclusion en septembre. La question porte sur l'accréditation des contenus dispensés par les universités dans le cadre de leur mission de formations des maîtres et sur l'éventuelle délivrance du grade (ou d'un diplôme) de master, ou de crédits pouvant conduire à ces diplômes.
La discussion a fait émerger quelques premiers points :
- les universités accordent des crédits après une évaluation qui relève de leur autonomie et qui ne peut être déléguée à un jury de concours. Aussi l'admission et l'admissibilité aux concours de recrutements ne peuvent donner lieu à une accréditation automatique.
- Il est nécessaire de trouver des mécanismes faisant relever des mêmes principes les formations aux divers métiers de professeurs (professorat des écoles, professorat des lycées et collèges)
- Les élèves des IUFM ayant réussi les concours de recrutement deviennent des agents du service public, ce qui les rapproche d'élèves d'autres écoles de service publics (les IRA, l'ENSPR, …). Jusqu'à présent, le ministère de la fonction publique a refusé de voir les écoles de son périmètre s'engager dans des procédures de délivrance du grade de master.
- Il est nécessaire de tenir compte de la formation continue (diplômante ou pas) des enseignants.
- La formation à plusieurs professions réglementées (architecte maître d'oeuvre, certaines professions juridiques …) se fait en deux périodes. La première conduit un master mais ne donne pas le droit d'exercer. La seconde est une année de pratique et est sanctionnée par un certificat professionnel qui donne le droit d'exercer.
La réflexion à mener pourrait être guidée par l'idée de la qualification et de sa reconnaissance. Elle pourrait également prendre appui sur des idées venant de l'organisation des masters professionnels en alternance.
Le comité considère qu'il est nécessaire de rendre assez rapidement un avis sur ce sujet. L'hypothèse retenue est de le faire lors d'une séance (à fixer) en septembre 2006.
Prochaine réunion du comité
Elle aura lieu à la Maison des universités
103 boulevard St Michel, Paris
le 25 mai de 9h.30 à 13h.
L'ordre du jour sera :
- la préparation d'un avis sur "Masters et formation des maîtres"
- les dates et thèmes des prochaines réunions.